Seul, à table

Seul, à table – Rémi Brassié : guitare électrique et autres objets
Ce solo a, comme tout solo, quelque chose à voir avec le vertige. Il s’agit de découper, décomposer, diviser, pour ensuite articuler, recomposer et donner à entendre ce qui dans la musique est normalement voué à la dissimulation, refoulé comme rebut. Au fond, on pourrait le qualifier de psychanalyse appliquée à la pratique expérimentale de la guitare : se tenir entre le vide absolu et la liberté incroyable de pouvoir tout dire, être traversé par la mémoire de ceux qui m’inspirent (de Derek Bailey à Fred Frith, en passant par Albert Ayler et bien d’autres) et se laisser aller à dire sa propre histoire.
Démarré le 11/11/11, ce projet en solo est désormais une sorte de journal, témoignage de l’effet du temps et du travail sur ma musique. Sa forme et son contenu sont changeants, non pas du fait de l’improvisation qui en est un ressort majeur, mais de la nécessité de la mémoire et de l’oubli dans le choix inconscient de ce qui se donne au moment du concert.