ROMAN – duo avec Vivette Pons

Ce duo croise lecture, arts plastiques, sonores et musique improvisée à partir du Roman d’un être, un texte de Bernard Noël sur le peintre Roman Opalka.

Vivette Pons : Lecture et scénographie
Rémi Brassié : Guitare électrique, objets amplifiés et bande son

extraits sonores en écoute ci-dessous

 

Note d’intention

Le Roman d’un être [Bernard Noël, POL, 2012] nous a choisi. Il nous a contaminés du souffle de vie déterminé qui fait l’œuvre du peintre Opalka. Ce Roman, comme l’œuvre d’Opalka, touchent à ce que chacun peut connaître : la fragilité essentielle de la vie qui – pour peu qu’on y prête attention – est aussi sa force. Ce Roman est un regard singulier qui entretien un dialogue avec la vie et l’art. Témoignage de la rencontre entre Noël et Opalka, il en émane un souffle de création où le singulier ouvre la voie de l’universel.

Notre intention est simple : laisser ce souffle continuer de faire son œuvre et s’y tenir. Ce qui veut dire ne pas l’entraver, mais aussi s’engager à en être le support pour ouvrir de nouveaux espaces de jaillissement de ce que la vie comporte d’inouï.

Roman Opalka, comme Bernard Noël donnent au temps dans leur œuvre une matérialité et un sens inédits. Ils interrogent et renouvellent l’art et la création dans son ensemble. Le travail de plateau, par essence, est une mise en œuvre du temps et de l’espace. Y porter ce texte est donc une évidence autant qu’un hommage. Le déployer dans le temps permet de souligner la profondeur du sens qu’il nous porte.

Nous remercions chaleureusement Bernard Noël pour l’autorisation d’utiliser son texte.

 

A propos de l’auteur

Photo David Maugendre
Bernard Noël – Photo David Maugendre

Bernard Noël est né le 19 novembre 1930, à Sainte-Geneviève-sur-Argence, dans l’Aveyron. Les événements qui l’ont marqué sont ceux qui ont marqué sa génération : explosion de la première bombe atomique, découverte des camps d’extermination, guerre du Viêt-nam, découverte des crimes de Staline, guerre de Corée, guerre d’Algérie… Ces événements portaient à croire qu’il n’y aurait plus d’avenir. D’où un long silence, comme authentifié par un seul livre, Extraits du corps, 1958. Pourquoi je n’écris pas ? est la question sans réponse précise qui équilibre cette autre : Pourquoi j’écris ? devenue son contraire depuis 1969. Cet équilibre exige que la vie, à son tour, demeure silencieuse sous l’écriture, autrement dit que la biographie s’arrête aux actes publics que sont les publications.
[source : éditions POL]
Poète, romancier, essayiste et critique d’art, il s’intéresse à la peinture. En 2012, il publie chez POL le Roman d’un être, qui témoigne de ses rencontres avec Opalka et lui rend un admirable hommage.

 

A propos du peintre

Roman Opalka - Autoportrait
Roman Opalka – Autoportrait

Roman Opalka est un artiste d’origine polonaise, né en France en 1931. Toute sa vie, il a questionné le temps, qu’il cherchait à matérialiser dans sa peinture.
En 1965, alors qu’il attend sa femme dans un café, il a l’idée que le meilleur moyen pour y parvenir, c’est de compter. Il y engage alors toute sa vie, et décide de peindre les nombres, en blanc, sur des toiles de même dimension dont le fond est préparé en ajoutant chaque fois un peu plus de blanc, de sorte qu’il prévoyait à la fin de sa vie de peindre en blanc sur blanc. Chaque jour, il fait un autoportrait de lui en chemise blanche. Pour anticiper le blanc sur blanc il décidera d’enregistrer sa voix, comptant quand il peint. La fin de son œuvre devait être décidée par sa mort.
Il a poursuivi ce travail sans relâche, quotidiennement, jusqu’à sa mort en août 2011. Il laisse une œuvre qui témoigne de sa détermination. Capitale dans l’histoire de l’art, elle n’est pas sans nous toucher et nous émouvoir.

 

A propos des artistes

 

Rémi Brassié - photo Michel Laborde
Rémi Brassié – photo Michel Laborde

Rémi Brassié est autodidacte par choix forcé, et aime à dire qu’il joue la guitare plus qu’il ne joue de la guitare, considérant son instrument comme un objet, presque au même titre que ceux dont il agrémente son jeu avec la guitare. Dans sa recherche, l’accident et la faute sont un point de départ, qui permettent de faire passer ce qui d’ordinaire est considéré comme déchet au même plan que ce qui est communément admis comme musique.

Il est impliqué depuis des années dans la pratique instrumentale, essentiellement dans le champ des musiques improvisées. Au fil des rencontres avec d’autres improvisateurs, il construit son langage, en collaborant avec la danse, avec d’autres instrumentistes en petites formations parfois occasionnelles, ou bien en grand ensemble au sein du FIL (la Fabrique d’Improvisation Libre de l’association des Sonofages). Depuis 2011, il développe aussi un travail en solo (Seul, à table).

Parmi les artistes avec qui il a pu échanger, apprendre, et créer on compte : David Lataillade (g), Nicolas Carrière(b), Hervé Perez (sax & elect), Roland Ossart (melisson), Jean-Yves Evrard (g), Heddy Boubaker (sax, ect, bass), Benjamin Duboc (cb) , Sebastien Cirotteau (t) , Mathias Pontevia (b), Mira Adam (danse), Valérie Métivier (danse)…

Également impliqué dans la diffusion culturelle, il est bénévole au sein d’associations comme un pavé dans le jazz (diff), les sonofages (créa et diff), un rêve nu (label/édition d’art)…

 

Vivette Pons - photo Guy Raynaud
Vivette Pons – photo Guy Raynaud

Vivette Pons pratique la peinture puis le dessin qu’elle met progressivement en relation avec le volume et des objets et matériaux, des vêtements alliés à des marquants plus traditionnels. Dans le souci de tresser des liens, de croiser et d’éprouver les matières avec différents espaces, elle propose des installations dans lesquelles le son et la musique ont leur place. L’installation l’amène à la nécessité du théâtre et de la mise en scène, des rapports d’un texte avec des voix et des corps. Elle  élargit les compagnonnages avec musiciens, danseurs, lectrice, comédienne. En 2012, elle ajoute à son travail plastique sa voix en tant que lectrice.
Ses thèmes récurrents sont la blessure, la douleur, la relation du végétal et de l’organique, les liens, l’enfermement, l’émergence de la vision intérieure,  le dessin hors de la maîtrise du regard, les vêtements enveloppes des corps absents.  Elle interroge la nature et le poids des liens, matériels, affectifs, symboliques et leurs empreintes sur les corps. Elle travaille avec les absences.
Ce qu’il en reste…
Comment tenir et faire tenir…

Expositions :
2013 : «Carte blanche » Galerie Sainte-Catherine, Rodez
2012 : «Féminité » Artefact, Médiathèque de Rodez
2O11 : « Tenir, encore » MJC d’Albi et le Frigo à Albi / « Relier » Peyrusse le Roc
2010 : « Saturé » Artefact, La Menuiserie, Rodez
Mise en scène et scénographie :
« Hors des regards » d’après « Les folles d’enfer, de la Salpétrière » de Mâkhi Xenakis
2006 avec Sidonie Chevalier, lectrice, et Jean-Jacques Triby, musicien.
2007 – 2009 avec Anne Charneau, comédienne, et Jean-Jacques Triby, musicien.
2008 – « lecture promenade » avec Anne Charneau à Conques
2009 – Chantier de création « Hors des regards » : lecture (A. Charneau), dessin (V. Pons), danse (T. Izzediou), musiques improvisées (J-J Triby et JM Houdard) et musique électro-acoustique (G. Raynaud), Chapelle Paraire, Rodez.
Lecture, mise en espace, dessin, vidéo :
2012 « Les folles d’enfer, de la Salpétrière » de Mâkhi Xenakis, avec J-J Triby, Fondation du Bon Sauveur, Albi.

Agenda

Création le vendredi 25 avril 2014 – 20h30 au Noctambule – MJC d’Albi – 05 63 54 20 67 – 8/12€ + d’infos

Journées Poésie de Rodez (par Poésie rencontres 12) le 8 novembre 2014 – 18h30 à La Menuiserie 14 rue du 11 Novembre 12000 Rodez – 8€ + d’infos

Remerciements

Nous remercions pour leur soutien : la MJC d’Albi | la MJC de Rodez | le GMEA – centre national de création musicale Albi Tarn

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